Augmentation des prix de l’électricité pour soutenir les énergies renouvelables

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Les tarifs réglementés de l'électricité ont augmenté au début du mois d'août. Les usagers risquent de voir leurs factures s'allonger encore un peu plus dans les mois à venir. La prochaine hausse doit permettre de soutenir le déploiement des énergies renouvelables sur le territoire français.

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Afin de soutenir le développement des énergies renouvelables, les tarifs de l'électricité devraient augmenter.

Une hausse de 1,7 % des tarifs réglementés

Au 1er août 2017, les tarifs réglementés de l'électricité ont augmenté de 1,7 % dans le cadre de la révision annuelle de ces tarifs. Pour rappel, le prix prend en compte :

  • Le coût de l'énergie (prix sur le marché de gros et prix du nucléaire historique),
  • Le coût d'acheminement de l'énergie,
  • Le coût de commercialisation.

Cette hausse permet également d'achever « le rattrapage des montants liés à l'insuffisance des tarifs au titre de l'année 2012 », selon le communiqué de la CRE.

Une hausse du coût du soutien des énergies renouvelables

La CRE a d'ores et déjà annoncé la revalorisation des tarifs de l'électricité dans les prochains mois. Le coût du soutien aux énergies renouvelables sera revu à la hausse. Le montant des charges de service public supporté par les opérateurs, en 2018, s'élève à 7,93 milliards d'euros, ce qui équivaut à une augmentation de 17 %.

Cette somme se compose pour * :

  • 69 % pour le soutien aux énergies renouvelables dont 36 % pour le photovoltaïque et 19 % pour l'éolien.
  • 18 % à la péréquation tarifaire dans les zones non interconnectées hors énergies renouvelables (23 % avec énergies renouvelables).
  • 9 % au soutien à la cogénération (production de chaleur et d'électricité).
  • 2 % aux dispositifs sociaux,
  • 1 % au soutien à l'injection de biométhane dans les réseaux de gaz.

Ces charges, connues sous le nom de CSPE, étaient, jusqu'à présent, entièrement assumées par les consommateurs résidentiels. En 2015, la CSPE est restée relativement stable avec un coût de 22,5 € par mégawattheure consommé, soit environ 16 % de la facture d'électricité. L'évaluation du montant des charges est réalisée par le régulateur mais, leur financement est établi par le Parlement dans le cadre de la loi de finance. Jusqu'en 2015, cette contribution était fixée par le gouvernement.

Pour établir le montant des charges de service public à venir, la CRE s'appuie uniquement sur l'état actuel du parc et des prévisions d'évolution selon la tendance actuelle de développement. Ainsi, avec la montée en puissance des énergies renouvelables, elles devraient atteindre environ 45 milliards d'euros sur les cinq prochaines années. En 2022, elles seront de l'ordre de 10,16 milliards d'euros.

Généraliser les appels d'offres

Le gendarme de l'énergie conseille « la généralisation des appels d'offres à l'ensemble des filières matures et concurrentielles ». Les projets seront décernés aux meilleures offres notamment sur le plan tarifaire. Cela permettra de s'affranchir des tarifs de rachat auxquels EDF a l'obligation de racheter la production d'énergie renouvelable dans le cadre de contrats de 15 à 20 ans. Par conséquent, il sera possible de mieux contenir les hausses successives de la CSPE.

Les projets lauréats du dernier appel d'offres des installations solaires au sol témoignent de cette volonté. Ils affichent des tarifs en forte baisse dont le prix moyen est de 63,9 €/MWh pour tous les projets et 55,5 €/MWh pour les installations les plus importantes dont la puissance oscille entre 5 et 17 MW.

* Source : http://www.cre.fr/documents/presse/communiques-de-presse/la-cre-publie-l-evaluation-des-charges-de-service-public-pour-2018